LECTURES DOMINICALES : NOCES DE NEIGE (GAELLE JOSSE) ET CHAQUE JOUR EST UN ADIEU (ALAIN REMOND)

Noces de neige - Gaëlle Josse - Autrement

Noces de neige - Gaëlle Josse - Autrement


J'ai passé la journée à lire. Le roman de Gaëlle Josse, Noces de neige, tout d'abord. Gaëlle Josse était l'auteur avec laquelle j'étais invité à Saint-Germain-en-Laye il y a quelques semaines. Je me souviens de la description des paysages enneigés depuis le train dans le passage lu par nos hôtes et de l'intervention un peu rude d'un membre de l'assistance qui reprochait à l'auteur sa dernière partie, inutile à sons sens. C'est un roman court qui joue sur l'alternance des récits, celui d'Irina qui voyage de la Russie vers la France et d'Anna qui voyage en sens inverse. Les deux récits se déroule à 130 ans d’intervalle. En 2012, pour Irina, en 1881, pour Anna. Gaëlle Josse orchestre bien ces deux histoires, jouant sur les fins de chapitre pour dynamiser son roman. Elle offre au lecteur un dénouement qui reliera les deux histoires que rien jusqu'à cet ultime chapitre ne relie, sinon les parcours inversés. Injuste donc l'intervention de cet homme, ce soir de la rencontre à Saint Germain. Mais c'est le risque de la confrontation au lecteur qui parfois est tenté de vous dire ce qu'il aurait aimé lire. Il faut de la diplomatie alors pour lui expliquer qu’il s'agit là d'un autre livre, mais pas du vôtre. 

Chaque jour est un adieu - Alain Rémond - Seuil

Chaque jour est un adieu - Alain Rémond - Seuil


Dans la foulée, j'ai enchaîné sur Chaque jour est un adieu, récit d'Alain Rémond que j'ai rencontré à Alençon, il y a une semaine. Il revient sur la maison de son enfance, sur l'histoire familiale. Le livre m'a fait penser au roman de Michel Besnier, Une Maison n'est rien, que j'avais lu il y a quelques années et qui m'avait touché, tout comme plus récemment celui de Jean-Baptiste Harang, La chambre de la Stella. Je me suis longtemps posé la question de cette épreuve de la liquidation de la vie de nos parents. Et puis quand mon tour est venu, quand il y a deux ans, il a fallu vider l'appartement de ma mère, tout s'est fait très vite, tout a été expédié. Nous étions si nombreux, que le recueillement sur les objets anodins n'était pas permis. J'aurais pourtant aimé prolonger sa présence à travers le tri de quelques papiers, de la vaisselle, faire doucement le deuil de sa vie matérielle, avec délicatesse pas comme une entreprise de déménagement dont le temps est compté.

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