JE CROIS EN UN SEUL DIEU AVEC RACHIDA BRAKNI (THEATRE DU ROND-POINT)

Je crois en seul dieu
Photo Sonia Barcet

Théâtre

 Dans un décor d'une grande sobriété, dont les variations de gris évoquent l’enfermement d'un bunker de béton armé, Rachida Brakni, dans une tenue que les murs autour semblent absorber, tendant vers la disparition des protagonistes, se tient debout, droite, de profil ou de face dans un premier temps, campant ses trois personnages avec la nuance que seules les grandes actrices sont capables d'imprimer à ce type d'exercice, passer de l'un à l'autre avec finesse, par le jeu d'une intonation, d'une posture, d'un regard et la force du texte. Trois personnages, trois femmes, trois religions différentes. 
Livré avec la régularité d'un litanie, marquant ainsi la mécanique inexorable du mal à l’œuvre dans le conflit israelo-palestien, la pièce peu à peu s'anime, au fur et à mesure qu'approche la catastrophe dès le début annoncée : un l'attentat à Tel Aviv. Sans manichéisme, la pièce démontre que le mal n'est pas seulement d'un côté, qu'il imprègne chaque partie et conduit finalement à la lente déshumanisation de tous, quelle que soit sa position dans le conflit. L'intensité de la pièce tient sans doute en cela : elle se garde bien de prendre position, de faire un quelconque procès. Elle choisit plutôt de décrire la complexité de la situation, aide à l'appréhender à défaut de la comprendre.

Je crois en un seul dieu
photo Sonia Barcet
 
Rachida Brakni m'a ému. C'est une voix, une diction, une force, un talent bouleversant. Je suis sorti sonné de cette pièce, par le texte, ciselé, l'interprétation, immense. Assis à une table du restaurant du Rond-Point avec quelques amis, tentant de recouvrer nos esprits autour d'un verre, j'ai vu Rachida Brakni remonter les marches vers la sortie, légère et souriante, soulagée, ai-je imaginé, d'être parvenue ce soir encore au bout de ce texte. J'ai repris un gorgée de vin et je me suis dit qu'on avait de la chance, en France, d'avoir Rachida Brakni. 

Je crois en un seul dieu
texte de Steffano Massini, mise en scène d'Arnaud Meunier, avec Rachida Brakni
jusqu'au 9 avril au théâtre du Rond-Point.

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