MISS MADEMOISELLE

Miss France, Alicia Aylies pour Festina
Miss France, Alicia Aylies pour Festina

J'aurais pu choisir une autre mots dans le flux de l'actualité. Par exemple, trahison, bien plus souvent répété cette semaine que celui de mademoiselle. Mais le roman sur lequel je travaille en ce moment m'a amené devant ce mademoiselle. 

Sa disparition a fait beaucoup parler. Les nostalgiques bien plus que les féministes d'ailleurs qui ne se sont pas tant étendus que ça sur cette victoire, j'ai l'impression. Plus bavards ont été ceux qui voyaient là un excès de la bien-pensance, quand ils auraient dû parler d'excès de précaution juridique. 
Pourtant, la motivation de cette suppression des formulaires administratifs (pas du dictionnaire) était simplement de mettre fin à une discrimination. Quand les femmes étaient traitées, par l'existence de cette case, selon leur statut de femme mariée ou pas, les hommes l'étaient selon leur sexe. Une seule case pour eux : monsieur. Sans intrusion dans leur vie privée. Pour être complets, les partisans du mademoiselle auraient dû militer pour l'ajout du damoiseau, peut-être. Une occasion de poursuivre la Révolution en appliquant à tous les hommes un mot qui était réservé à la noblesse seulement... 
Cette semaine, je découvre donc que Miss France, régulière cible des féministes, est la nouvelle égérie des montres Festina, pour une collection nommée "Mademoiselle". Sylvie Tellier aura beau se défendre que Miss France œuvre beaucoup pour les femmes, cette publicité démontre une fois de plus qu'il n'en est rien. Miss France œuvre pour quelques unes, voire pour une seule, au détriment du plus grand nombre. Cette campagne de pub vient enfoncer le clou. Rappelons que Miss France, dont le règlement, sous couvert de s'assurer de la disponibilité de la lauréate, impose le célibat. 
Dans la mode, la presse féminine, les cosmétiques, mademoiselle a ses thuriféraires. Il est vrai que sa disparition ici précipiterait celle de la jeunesse. Du rêve. C'est là le problème : vendre du rêve qui semble passer par ce mot avant tout. Un mademoiselle qui fait aisément passer du rêve à l'illusion, voire à la trahison. Finalement, on y vient.  

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