CELUI QUI...

Toujours dans le cadre de la formation à la conduite d'ateliers d'écriture, cet exercice, préalable à celui du "Tu aurais pu..." Cette fois, le modèle est pris dans un texte de François Bon, Impatience. La formatrice parle de paysage humain : décrire le lieu en passant par ceux qui l'occupe. Quinze minutes pour écrire ce texte qui sera lu ensuite en sous-groupe (encore une fois, je le livre ici dans son premier jet, avec les repentis). Ceux qui l'entendent choisissent alors parmi les personnages croisés, celui qui servira à écrire un texte selon le modèle de Jean Grégor (lien dans le dernier tiers du texte). Deux choix m'ont été proposés, j'ai pris le premier. Peut-être écrirai-je le deuxième, pour le jeu :

Photo Ben photoblog


Celui qui dès la montée fait l'inventaire des places libres, celui qui dit bonjour au chauffeur parce que c'est l'usage, celui qui dit bonjour comme s'il le connaissait depuis toujours, celui qui ne dit rien ; Celle qui se précipite vers la dernière place libre, pose son sac puis revient valider son titre de transport, celui qui monte par la porte arrière, celle qui continue la lecture de son roman, celui qui garde son sac à dos, celui qui parle fort au téléphone, celui qui lui dit de se taire, que sa vie privée ne l'intéresse pas, ceux qui le soutiennent, ceux qui s'en foutent ; celle qui sent bon, celui qui pue, celle qui parle toute seule du quatrième dégât des eaux dont elle a été victime en trois mois, celui qui se poste devant la porte deux arrêts avant le sien de peur de le manquer, celui qui empêche la porte de se refermer, celle qui plongée dans son roman arrive au terminus, doit repartir en arrière, sera en retard, celui qui occupe deux places, celui qui fraude, celui qui monte avec une échelle qu'il vient d'acheter, celui qui s'excuse de prendre toute la place avec ses valises, celui qui sourit, celui qui pleure, celle qui fait la gueule, celui qui imagine pourquoi l'homme en face de lui sourit, pourquoi son voisin pleure, pourquoi la dame qui se tient à la barre fait la gueule ; celui qui s'est trompé de ligne, celui qui veut descendre avant l'arrêt, celui qui peste contre les embouteillages, celui qui mange, celui qui dit au revoir en descendant, celle qui ne se sent pas bien, celui qui ne descend jamais parce qu'il n'a rien d'autre à faire, celui qui se rend à un rendez-vous amoureux, celle qui se rend au travail, celui qui se rend à un rendez-vous médical, celui qui n'a nulle part où aller.

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