ZOÉ D’ALAIN CADÉO

Il est des rencontres virtuelles qui se matérialisent à travers un livre, celui d’Alain Cadéo par exemple, Zoé, déniché hier dans une bouquinerie et dévoré dans la foulée, un peu hier soir, la fin ce matin. Il y a peu j’échangeais avec son épouse. Le hasard a posé ce livre devant mes yeux. Zoé donc. Des épisodes sombres dans ce roman, pourtant il n’est qu’espoir. Alain Cadéo parvient à y condenser en cent cinquante pages la richesse de deux vies que tout séparait. Deux solitudes qui se rencontrent dans ce moment trop bref de l’achat d’une miche de pain. D’un échange commercial naît une relation qui s’installe, sans sous-entendu, ni ambiguïté, grâce à des petits mots, cachés dans le pains, pliés dans le creux de la main. En secret. Comme au temps de l’enfance dans la salle de classe. Rien pourtant de la mièvrerie d’une romance impossible. Ces deux-là ont besoin d’un nouveau départ. Ils sauront l’essentiel l’un de l’autre, mais rien de ce qui les constituent, les encombrent en tant qu’être social (leur nom, où ils habitent...). Jamais ils ne se verront ailleurs que dans la boulangerie, le temps de leur transaction. Un bref moment où ils s’ouvrent comme ils ne s’ouvrent pour personne d’autre. Tant les séparent dans le temps : leurs âges et celui qui leur est imparti. L’urgence les contraint à l’essence. La simplicité. Comme le pain.

« Tout est tenu ou tout tient dans quelques notes et un parfum »

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