UN JOUR AVEC ALAIN CADÉO

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Sachez que ce que j’aime plus que tout ce sont les correspondances, ces échanges qui vont d’un esprit à un autre, sans idée de compétition, non, plutôt comme stimulant, relance d’idées-chair. Et si en plus il y a de l’estime c’est un cadeau que l’on se fait. Alors être charmé par la reconnaissance, éprouver du plaisir à voir son nom dans les vitrines, baver devant les récompenses, rien de tout cela ne me donne envie… J’ai appris à me passer de tout. Seule compte l’écriture. Le vide abyssal qu’elle tente en vain de combler.

Mais pourquoi subsiste encore en nous cette impression que des mots écrits et formulés d’une certaine manière ouvrent le ciel de la pensée? Il serait si simple de poser enfin nos stylos, de fermer nos flacons d’encre « noir intense » et d’en finir avec ces pages d’à peu-près.
Mais non, en ce qui me concerne, faut que j’insiste, en remettre une couche. C’est à la fois pénible et exaltant. Je sais qu’il y a mieux, plus haut, plus loin. On ne peut pas se contenter de frôler l’absolu, on veut le saisir à pleines mains, franchir le seuil de ce miracle qui a le goût d’un requiem ou d’une messe en si, d’une nuit étoilée en Arles ou d’un quatrain : L’éternité… Et j’en oublie… Et j’en oublie.

Kaléidoscope fait de mille fragments de verre, que l’on remue et tourne à peine, sûr de finir par trouver l’angle idéal éclaboussant de liberté… Comme la perfection, sous l’ongle transparent d’un nouveau né.

Alain Cadéo, décembre 2017

Alain Cadéo est l’auteur d’une douzaine de livres mais c’est avec son avant dernier roman, Zoé, paru en 2015 au Mercure de France que je l’ai découvert il y a quelques semaines seulement. Nous échangeons depuis. Les lignes ci-dessus sont issues, avec son aimable autorisation, de notre correspondance. Vous pouvez suivre son actualité sur sa page facebook.



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